Billets de Claude

17. oct., 2017

Gul PAMUK et Marie CHARIGNAN

 

Un coup de chapeau à ce regard croisé sur un accessoire qui nous a conduit sur les chemins de la philosophie.

L’artiste plasticienne Gùl Pamuk nous rappelle que la création culturelle est provocation. Chacun(e) des participant(e)s avait un avis sur l’histoire du couvre-chef pour ces messieurs (de la casquette ouvrière au haut de forme bourgeois…) et pour ces dames (de la coiffe bretonne au chapeau original de la maman de la jeune mariée…) Tous les membres présents à cette rencontre ont été émerveillés par les créations de Gùl Pamuk

Nous nous interrogions sur la méthode et la façon avec laquelle la philosophe Marie Charignon allait développer son message. Un exposé bien préparé, très accessible pour le néophyte : Ce que j’ai retenu sur ce thème :"Le chapeau ou accessoire de mode, un miroir qui nous révèle ? une carapace qui nous masque ?".

L’accès à la beauté chère à Platon peut être de l’ordre de l’inné qui existe au sein même de chaque humain et/ou de l’acquis par comparaison aux autres… du coup le chapeau contribue à une recherche d’identité. Pour Hegel «  Nous ne devons jamais regarder l’identité comme une identité abstraite à l’exclusion de toute différence »

17. oct., 2017

Vous avez dit... Absurde

«  Constater l’absurdité de la vie ne peut être une fin, mais seulement un commencement. Ce qui intéresse c’est les conséquences et les règles d’action qu’on en tire. »( Camus - Alger Républicain, 1938)

Au moment où nous sommes frappés de tous les côtés par les intégrismes : insupportables du côté des islamistes radicaux ; rampants dans le monde entier notamment aux Etats-Unis où les créationnistes promeuvent des lois d’enfermement… Partout dans le monde où « la loi de Dieu  prime la loi des Hommes »

Au secours, Albert Camus !

« Albert a prouvé par sa vie et par son œuvre que la tendresse, la bienveillance et l'humanité face à la barbarie et à la bêtise ne sont pas indignes d'un grand philosophe. ».

Dans les morts connus (Charly hebdo), les innocents (Nice) il y avait des lecteurs de Camus !

Cruel pour le prix Nobel de littérature qui s’indignait en son temps des effets des attentats terroristes  sur l’humanité !

28. août, 2017

"J'y étais", cette belle formule pour celles et ceux qui n'étaient pas présents à cet événement. Oui il est possible de philosopher dans des "lieux improbables" pour conforter les propos de l'animateur de cette session : Richard Ober.
Une question demeure : Rose-Marie et Pierre sont ils toujours en vacances ? Ces "moteurs" de la philosophie tarbaise, pour le moins, sont des philosophes enthousiastes pour nous entraîner sur les chemins de la sagesse....

28. août, 2017

L’Ecologie est un concept récent, fin du XIXème siècle. Il se situe du côté des sciences biologiques. Depuis la nuit des temps la philosophie disserte sur le concept de nature, comme on peut le constater dans les extraits présentés suite au Café Philo consacré à ce thème

Dans les années 1980 le concept d’Ecologie est apparu dans le monde des sciences de l’Education (Alain Beaudot, Danielle Zay, Urie Bronfenbrenner et alii). L’Ecologie n’est-elle pas un croisement permanent entre Nature et Culture « l’Ecole est un mélange de bruits, d’odeurs, d’espaces, peuplés ou vides, que toute la vie traverse depuis l’enfance jusqu’à ces séjours que mon activité professionnelle marquait et marque encore parfois du sceau de la fascination et du plaisir. » Georges Jean, poète. Les questions actuelles de nature environnementale, planétaire nous obligent à aborder l’Ecologie de façon sérieuse et approfondie… L’approche philosophique nous aide.

« Pour l’homme, l’état de nature « est un état qui n’existe plus, qui n’a peut-être point existé, qui probablement n’existera jamais. »  Paraphrasant Jean-Jacques Rousseau on peut estimer que la nature humaine comme la nature environnementale est en constante construction. L’aspect mécanique au minimum, scientifique au plus ne doit pas être sous-estimé. Encore plus que dans d’autres aspects de notre monde contemporain l’épistémologie doit soutenir la philosophie et/ou les philosophes doivent être des épistémologues. Si non, l’Ecologie deviendra l’espace réservé de tous les obscurantismes… l’Ecologie, science nouvelle comme toute science nécessite des approches complexes expérimentales avec des approches théoriques et conceptuelles controversées…

 

22. avr., 2017

 

I / Avant propos

 Lors de la précédente session en avril 2016, j’avais été beaucoup plus studieux. Sans doute parce que le thème m’était plus étranger… Cette année le sujet était plus proche de mes recherches personnelles, plus en lien avec la sociologie.

Ce compte rendu sommaire a été effectué, à froid, 2 mois après l’événement.

« L’avenir est plus que jamais du côté culturel, du côté de la curiosité qui permet de s’émerveiller et de s’indigner. Pour nous aujourd’hui il convient de poursuivre notre apprentissage pour rechercher les voies de la connaissance. En conservant l’esprit critique, en s’appuyant sur les nouveaux outils d’aide comme internet nous pouvons nous construire une nouvelle identité pour être présents à l’Europe, être présents au Monde sans renier nos racines. Paradoxalement il n’est pas plus aisé au XXIème siècle qu’au Vème siècle av. JC d’affirmer : « Je ne suis ni Athénien, ni Grec, mais un citoyen du Monde. Le Monde est devenu planétaire » extrait d’un texte écrit en 2011 « Identité Identités, un combat permanent » site http://probo.fr –textes amis- Claude Brette

 

II/ Sur la forme :

 

Un nouveau pari parfaitement  réussi par la présidente Rose-Marie Chevalier et son équipe.

Comme l’année dernière environ 300 participants qui ont fait vivre le centre de Tarbes en ce samedi 22 avril 2016, à partir du Théâtre des Nouveautés, de la Halle Brahauban, du café l’Etal et du Pari. Pour construire ce projet ambitieux, les organisateurs ont su mobiliser de nombreux sponsors à commencer par un appui remarquable de la ville de Tarbes.

Une réussite qui s’inscrit bien dans une dynamique d’Education pour Tous, tout au long de la Vie. Pour ma part j’y ai trouvé mon miel.

 

Au final une manifestation profondément éducative qui, tout au long de la journée, a permis l’échange la rencontre avec « l’autre qui n’est pas moi ! » afin de mieux appréhender « ce « nous » qui nous réunit »

 

II/ Sur le fond :

 

Conférence de Roger-Pol Droit

« Les différents « nous » humains.

Constructions, évolutions, tensions. »

 

Pour ce compte rendu je me suis inspiré d’une interview accordé au site Atlantico le 30 août 2015 par Roger-Pol Droit, à propos de son ouvrage « Qu’est-ce qui nous unit ? » chez Plon. http://www.atlantico.fr/printpdf/2303742

 

Cette question du nous qui nous unit ne date pas d’aujourd’hui, sauf que les philosophes depuis les grecs en avaient une « approche froide »  Devant les affrontements, les divisions constatés aujourd’hui, cette question devient « chaude ». Comment rééquilibrer les regards ?

Avec la mondialisation, les réseaux sociaux on assiste à des pertes de repères, des crispations identitaires… qui au final se figent…

Alors, au-delà, comment faire pour  « découvrir la diversité des liens humains, qui définissent plusieurs de grands types de « nous » (entre autres : famille, amis, amants, langue, terroir, Etat, humanité, ensemble des vivants). Chaque personne se rattache à des quantités de nous différents, mais on oublie la pluralité de nous qui habite chacun, alors qu’elle est vitale. »

La plus grande originalité de son propos, de mon point de vue, réside dans cette approche du « corps-parlant » théorisé par l’orateur.

« C’est une antique définition de l’humain, qu’Aristote formulait en grec par les termes « zôon logikon », que l’on peut traduire aussi bien par « animal parlant », que par « animal doué de raison ». Je préfère corps-parlant, pour indiquer que l’humain possède un corps expressif, travaillé par le langage. C’est dans cette présence expressive et ces manifestations que s’ancre ce qui nous unit, que ce lien soit construit ou bien  spontané, qu’il soit réfléchi ou bien impulsif, qu’il soit restreint ou global. »

 

Exposé d’Adèle Van Reeth

De qui sommes nous faits ?

 

Un grand moment. Cette intervention m’a renvoyé à mes années d’études imprégnées par les chercheurs canadiens sur les « récits de vie ».  Certains d’entre eux n’hésitent pas à évoquer le concept de « Séducation », quand le courant passe entre, concept peu apprécié à l’Université Française.

« Beaucoup affectent l’amour de vivre pour éluder l’amour lui-même. On s’essaye à jouir et à « faire des expériences ». Mais c’est une vue de l’esprit. Il faut une rare vocation pour être un jouisseur. La vie d’un homme s’accomplit sans le secours de son esprit, avec ses reculs et ses avances, à la fois sa solitude et ses présences » Cet extrait d’un propos d4adèle Van Reeth repéré sur le site de France Culture conforte cette forte impression d’avoir face à soi une personnalité qui capte son auditoire à partir d’un vécu et d’une volonté de faire partager ses connaissances. Cette jeune philosophe (35 ans !) rejoint le vieil autodidacte que je suis car elle nous oblige à rajeunir en nous entrainant sur « les nouveaux chemins de la connaissance »

Dans cet esprit la conférencière a beaucoup cité Fernando Pessoa (décédé en 1935) auteur portugais prolifique dont j’avais entendu parler par un ami architecte portugais, acteur de la révolution des œillets en 1974. Avec José Pratas Viera (1944-2004) nous fûmes les artisans d’une action militante européenne inscrite dans le champ de l’Education Populaire à partir des années 1985 : « L’Université Rurale Européenne ». J’ai retrouvé dans mes notes et j’ai vérifié sur le net cet extrait de poème de Fernando Pessoa signifiant pour moi :

« Je sais éprouver l'ébahissement 
De l'enfantquidès sa naissance
S'aviserait qu'il est né vraiment... 
Je me sens né à chaque instant 
A l'éternelle nouveauté du Monde... »

 

Pour moi Adèle Van Reeth nous entraine dans cet éternelle recherche pour appréhender le monde de façon tout à la fois critique et positive : en gardant les « pieds sur terre », en demeurant curieux pour s’indigner et s’émerveiller, en sachant que pour l’avenir de l’humanité il est plus responsable d’être du côté du verre à moitié plein !

 

Du coup elle redonne force et vigueur, de nouvelles couleurs, à cette question sur l’identité qui taraude nos sociétés.

 

Ce compte-rendu sera donc avant tout une succession de questions voir d’aphorismes recueillis tout au long de cet exposé !

 

 L’identité est-elle ce nous qui nous rassemble !

De quoi sommes nous fait ? Qu’est-ce qui  nous unit ?

La recherche identitaire, pourquoi cette question ici et maintenant ? Nous sommes faits de ce lien qui nous unit pour faire face à l’éclatement qui nous guette !

L’identité peut être une forme d’attente, une nostalgie, un éclatement de soi, pour au final, se diriger « vers une vie perdue à jamais »

L’identité, une recherche « esthétique », comment apprendre à changer de vie ?   Vivre c’est être, aussi, un autre, pas de moi stable, unique, le moi est une construction !

 

Au final, la construction de l’identité ne serait-elle pas une mise en scène car nous sommes aussi les auteurs de notre propre identité !

La question liée aux interactions individus/collectif se pose constamment : le nous nous dénature, comment construire le je avec le nous ? Le que nous sommes peut-il représenter ce que je suis ? Vers quel pacte social : chacun renonce au droit du plus fort ! Comment se défaire de sa liberté individuelle ? Transformer la force en droit, comment renoncer à sa liberté par rapport à une instance supérieure qui est un nous ?

 

Le Tous c’est nous ! Au-delà de Francisco Pessoa, Adèle Van Reeth  a évoqué la pensée de nombreux philosophes, Rousseau, Hobbes, Bergson, Tocqueville… pour ce dernier « la tyrannie c’est la majorité ». La philosophe, une nouvelle fois, stimule nos questionnements… la réponse étant souvent induite par l’excellence de la question posée :

-       Le nous n’est pas forcément tous les je !

-       Le nous impose plus qu’il unit… un éclatement du moi !

-       Le nous est plus que le je, dire nous c’est un raccourci !

-       Entre le nous de majesté et le nous par pudeur, la tyrannie du non !

 

Encore merci, Adèle, de nous avoir convié sur « les chemins de la philosophie »

 « Philosopher, estime-t-elle, c’est le goût de s’étonner, d’ouvrir des portes dont on ne soupçonnait pas l’existence, de formuler les questions qui nous préoccupent. », Aude Carasco in interview dans La Croix décembre 2014

 

Autres éléments

 

Un « grand moment » entre le je et le nous. « Une tchatcherie espatarouflante » d’un auteur bigourdan trop méconnu né à Aurheillan en 1955. La visite de son site est un labyrinthe où on trouve des livres, des poèmes, des épopées sur le tour de France et bien d’autres choses… A parcourir et à méditer comme l’a fait si élégamment Claude Nougaro : « Christian Laborde est mon frère de race mentale. C’est un poète, c’est-à-dire un homme qui parle une langue de couleurs à délivrer les grands baisers de l’âme. »

 

Comme l’année dernière des ateliers thématiques se sont déroulés sur la place tarbaise :

Ecole Philo : « Fille ou garçon un même cosmos à duquer » avec Jean-Charles Peltier

Café-Philo : « Qui suis-je ? »

Entreprise Philo : « L’entreprise de demain vers de nouvelles identités ? ». J’ai assisté à cet atelier remarquablement conduit par deux jeunes étudiants à l’IUT de Tarbes (ingénierie des organisations) : Alexia Porteres et Aurélien Deville. Nous sommes ici aussi à une croisée des chemins. Entre l’identité d’une grande Entreprise « Alsthom », l’identité d’une entreprise à visée sociale «Bigorre Tous services»,  l’identité d’une entreprise d’imprimerie coopérative (I.M.A.G.E.S.), comment apprendre à mieux se situer pour les responsables, comme pour les salariés ? Le témoignage d’une syndicaliste donnant un éclairage encore plus réaliste. Un sujet de grande actualité au moment où l’on parle de plus en plus de la réforme du Code du Travail !

 

 

Pour conclure,

 

Comme l’année dernière les débats étaient conduits avec verve et humour par Fernando Cuevas. Professeur de Management à l’Université de Pau, il a tout a fait conscience de l’importance d’intégrer la philosophie dans toutes les formations, singulièrement dans celles des DRH à venir !

Le final a eu lieu autour d’un cocktail animé par Christian Laborde et un groupe de musiciens « Brancaï » au restaurant l’Unik

Les instigateurs de cette aventure culturelle au sens plein qui marque maintenant la vie tarbaise se situe bien dans cette problématique philosophiquement abordée par Adèle Van Reeth : « Comment penser le collectif sans prendre en compte les individus qui la composent ? Rien n’est plus difficile que de penser la pluralité. Mais sans elle, toute forme de collectivité est vouée à l’abstraction. D’où l’urgence,

Pour que le « nous » soit possible de s’intéresser aux « je » qui le composent. »