Billets de Claude

28. août, 2017

"J'y étais", cette belle formule pour celles et ceux qui n'étaient pas présents à cet événement. Oui il est possible de philosopher dans des "lieux improbables" pour conforter les propos de l'animateur de cette session : Richard Ober.
Une question demeure : Rose-Marie et Pierre sont ils toujours en vacances ? Ces "moteurs" de la philosophie tarbaise, pour le moins, sont des philosophes enthousiastes pour nous entraîner sur les chemins de la sagesse....

28. août, 2017

L’Ecologie est un concept récent, fin du XIXème siècle. Il se situe du côté des sciences biologiques. Depuis la nuit des temps la philosophie disserte sur le concept de nature, comme on peut le constater dans les extraits présentés suite au Café Philo consacré à ce thème

Dans les années 1980 le concept d’Ecologie est apparu dans le monde des sciences de l’Education (Alain Beaudot, Danielle Zay, Urie Bronfenbrenner et alii). L’Ecologie n’est-elle pas un croisement permanent entre Nature et Culture « l’Ecole est un mélange de bruits, d’odeurs, d’espaces, peuplés ou vides, que toute la vie traverse depuis l’enfance jusqu’à ces séjours que mon activité professionnelle marquait et marque encore parfois du sceau de la fascination et du plaisir. » Georges Jean, poète. Les questions actuelles de nature environnementale, planétaire nous obligent à aborder l’Ecologie de façon sérieuse et approfondie… L’approche philosophique nous aide.

« Pour l’homme, l’état de nature « est un état qui n’existe plus, qui n’a peut-être point existé, qui probablement n’existera jamais. »  Paraphrasant Jean-Jacques Rousseau on peut estimer que la nature humaine comme la nature environnementale est en constante construction. L’aspect mécanique au minimum, scientifique au plus ne doit pas être sous-estimé. Encore plus que dans d’autres aspects de notre monde contemporain l’épistémologie doit soutenir la philosophie et/ou les philosophes doivent être des épistémologues. Si non, l’Ecologie deviendra l’espace réservé de tous les obscurantismes… l’Ecologie, science nouvelle comme toute science nécessite des approches complexes expérimentales avec des approches théoriques et conceptuelles controversées…

 

22. avr., 2017

 

I / Avant propos

 Lors de la précédente session en avril 2016, j’avais été beaucoup plus studieux. Sans doute parce que le thème m’était plus étranger… Cette année le sujet était plus proche de mes recherches personnelles, plus en lien avec la sociologie.

Ce compte rendu sommaire a été effectué, à froid, 2 mois après l’événement.

« L’avenir est plus que jamais du côté culturel, du côté de la curiosité qui permet de s’émerveiller et de s’indigner. Pour nous aujourd’hui il convient de poursuivre notre apprentissage pour rechercher les voies de la connaissance. En conservant l’esprit critique, en s’appuyant sur les nouveaux outils d’aide comme internet nous pouvons nous construire une nouvelle identité pour être présents à l’Europe, être présents au Monde sans renier nos racines. Paradoxalement il n’est pas plus aisé au XXIème siècle qu’au Vème siècle av. JC d’affirmer : « Je ne suis ni Athénien, ni Grec, mais un citoyen du Monde. Le Monde est devenu planétaire » extrait d’un texte écrit en 2011 « Identité Identités, un combat permanent » site http://probo.fr –textes amis- Claude Brette

 

II/ Sur la forme :

 

Un nouveau pari parfaitement  réussi par la présidente Rose-Marie Chevalier et son équipe.

Comme l’année dernière environ 300 participants qui ont fait vivre le centre de Tarbes en ce samedi 22 avril 2016, à partir du Théâtre des Nouveautés, de la Halle Brahauban, du café l’Etal et du Pari. Pour construire ce projet ambitieux, les organisateurs ont su mobiliser de nombreux sponsors à commencer par un appui remarquable de la ville de Tarbes.

Une réussite qui s’inscrit bien dans une dynamique d’Education pour Tous, tout au long de la Vie. Pour ma part j’y ai trouvé mon miel.

 

Au final une manifestation profondément éducative qui, tout au long de la journée, a permis l’échange la rencontre avec « l’autre qui n’est pas moi ! » afin de mieux appréhender « ce « nous » qui nous réunit »

 

II/ Sur le fond :

 

Conférence de Roger-Pol Droit

« Les différents « nous » humains.

Constructions, évolutions, tensions. »

 

Pour ce compte rendu je me suis inspiré d’une interview accordé au site Atlantico le 30 août 2015 par Roger-Pol Droit, à propos de son ouvrage « Qu’est-ce qui nous unit ? » chez Plon. http://www.atlantico.fr/printpdf/2303742

 

Cette question du nous qui nous unit ne date pas d’aujourd’hui, sauf que les philosophes depuis les grecs en avaient une « approche froide »  Devant les affrontements, les divisions constatés aujourd’hui, cette question devient « chaude ». Comment rééquilibrer les regards ?

Avec la mondialisation, les réseaux sociaux on assiste à des pertes de repères, des crispations identitaires… qui au final se figent…

Alors, au-delà, comment faire pour  « découvrir la diversité des liens humains, qui définissent plusieurs de grands types de « nous » (entre autres : famille, amis, amants, langue, terroir, Etat, humanité, ensemble des vivants). Chaque personne se rattache à des quantités de nous différents, mais on oublie la pluralité de nous qui habite chacun, alors qu’elle est vitale. »

La plus grande originalité de son propos, de mon point de vue, réside dans cette approche du « corps-parlant » théorisé par l’orateur.

« C’est une antique définition de l’humain, qu’Aristote formulait en grec par les termes « zôon logikon », que l’on peut traduire aussi bien par « animal parlant », que par « animal doué de raison ». Je préfère corps-parlant, pour indiquer que l’humain possède un corps expressif, travaillé par le langage. C’est dans cette présence expressive et ces manifestations que s’ancre ce qui nous unit, que ce lien soit construit ou bien  spontané, qu’il soit réfléchi ou bien impulsif, qu’il soit restreint ou global. »

 

Exposé d’Adèle Van Reeth

De qui sommes nous faits ?

 

Un grand moment. Cette intervention m’a renvoyé à mes années d’études imprégnées par les chercheurs canadiens sur les « récits de vie ».  Certains d’entre eux n’hésitent pas à évoquer le concept de « Séducation », quand le courant passe entre, concept peu apprécié à l’Université Française.

« Beaucoup affectent l’amour de vivre pour éluder l’amour lui-même. On s’essaye à jouir et à « faire des expériences ». Mais c’est une vue de l’esprit. Il faut une rare vocation pour être un jouisseur. La vie d’un homme s’accomplit sans le secours de son esprit, avec ses reculs et ses avances, à la fois sa solitude et ses présences » Cet extrait d’un propos d4adèle Van Reeth repéré sur le site de France Culture conforte cette forte impression d’avoir face à soi une personnalité qui capte son auditoire à partir d’un vécu et d’une volonté de faire partager ses connaissances. Cette jeune philosophe (35 ans !) rejoint le vieil autodidacte que je suis car elle nous oblige à rajeunir en nous entrainant sur « les nouveaux chemins de la connaissance »

Dans cet esprit la conférencière a beaucoup cité Fernando Pessoa (décédé en 1935) auteur portugais prolifique dont j’avais entendu parler par un ami architecte portugais, acteur de la révolution des œillets en 1974. Avec José Pratas Viera (1944-2004) nous fûmes les artisans d’une action militante européenne inscrite dans le champ de l’Education Populaire à partir des années 1985 : « L’Université Rurale Européenne ». J’ai retrouvé dans mes notes et j’ai vérifié sur le net cet extrait de poème de Fernando Pessoa signifiant pour moi :

« Je sais éprouver l'ébahissement 
De l'enfantquidès sa naissance
S'aviserait qu'il est né vraiment... 
Je me sens né à chaque instant 
A l'éternelle nouveauté du Monde... »

 

Pour moi Adèle Van Reeth nous entraine dans cet éternelle recherche pour appréhender le monde de façon tout à la fois critique et positive : en gardant les « pieds sur terre », en demeurant curieux pour s’indigner et s’émerveiller, en sachant que pour l’avenir de l’humanité il est plus responsable d’être du côté du verre à moitié plein !

 

Du coup elle redonne force et vigueur, de nouvelles couleurs, à cette question sur l’identité qui taraude nos sociétés.

 

Ce compte-rendu sera donc avant tout une succession de questions voir d’aphorismes recueillis tout au long de cet exposé !

 

 L’identité est-elle ce nous qui nous rassemble !

De quoi sommes nous fait ? Qu’est-ce qui  nous unit ?

La recherche identitaire, pourquoi cette question ici et maintenant ? Nous sommes faits de ce lien qui nous unit pour faire face à l’éclatement qui nous guette !

L’identité peut être une forme d’attente, une nostalgie, un éclatement de soi, pour au final, se diriger « vers une vie perdue à jamais »

L’identité, une recherche « esthétique », comment apprendre à changer de vie ?   Vivre c’est être, aussi, un autre, pas de moi stable, unique, le moi est une construction !

 

Au final, la construction de l’identité ne serait-elle pas une mise en scène car nous sommes aussi les auteurs de notre propre identité !

La question liée aux interactions individus/collectif se pose constamment : le nous nous dénature, comment construire le je avec le nous ? Le que nous sommes peut-il représenter ce que je suis ? Vers quel pacte social : chacun renonce au droit du plus fort ! Comment se défaire de sa liberté individuelle ? Transformer la force en droit, comment renoncer à sa liberté par rapport à une instance supérieure qui est un nous ?

 

Le Tous c’est nous ! Au-delà de Francisco Pessoa, Adèle Van Reeth  a évoqué la pensée de nombreux philosophes, Rousseau, Hobbes, Bergson, Tocqueville… pour ce dernier « la tyrannie c’est la majorité ». La philosophe, une nouvelle fois, stimule nos questionnements… la réponse étant souvent induite par l’excellence de la question posée :

-       Le nous n’est pas forcément tous les je !

-       Le nous impose plus qu’il unit… un éclatement du moi !

-       Le nous est plus que le je, dire nous c’est un raccourci !

-       Entre le nous de majesté et le nous par pudeur, la tyrannie du non !

 

Encore merci, Adèle, de nous avoir convié sur « les chemins de la philosophie »

 « Philosopher, estime-t-elle, c’est le goût de s’étonner, d’ouvrir des portes dont on ne soupçonnait pas l’existence, de formuler les questions qui nous préoccupent. », Aude Carasco in interview dans La Croix décembre 2014

 

Autres éléments

 

Un « grand moment » entre le je et le nous. « Une tchatcherie espatarouflante » d’un auteur bigourdan trop méconnu né à Aurheillan en 1955. La visite de son site est un labyrinthe où on trouve des livres, des poèmes, des épopées sur le tour de France et bien d’autres choses… A parcourir et à méditer comme l’a fait si élégamment Claude Nougaro : « Christian Laborde est mon frère de race mentale. C’est un poète, c’est-à-dire un homme qui parle une langue de couleurs à délivrer les grands baisers de l’âme. »

 

Comme l’année dernière des ateliers thématiques se sont déroulés sur la place tarbaise :

Ecole Philo : « Fille ou garçon un même cosmos à duquer » avec Jean-Charles Peltier

Café-Philo : « Qui suis-je ? »

Entreprise Philo : « L’entreprise de demain vers de nouvelles identités ? ». J’ai assisté à cet atelier remarquablement conduit par deux jeunes étudiants à l’IUT de Tarbes (ingénierie des organisations) : Alexia Porteres et Aurélien Deville. Nous sommes ici aussi à une croisée des chemins. Entre l’identité d’une grande Entreprise « Alsthom », l’identité d’une entreprise à visée sociale «Bigorre Tous services»,  l’identité d’une entreprise d’imprimerie coopérative (I.M.A.G.E.S.), comment apprendre à mieux se situer pour les responsables, comme pour les salariés ? Le témoignage d’une syndicaliste donnant un éclairage encore plus réaliste. Un sujet de grande actualité au moment où l’on parle de plus en plus de la réforme du Code du Travail !

 

 

Pour conclure,

 

Comme l’année dernière les débats étaient conduits avec verve et humour par Fernando Cuevas. Professeur de Management à l’Université de Pau, il a tout a fait conscience de l’importance d’intégrer la philosophie dans toutes les formations, singulièrement dans celles des DRH à venir !

Le final a eu lieu autour d’un cocktail animé par Christian Laborde et un groupe de musiciens « Brancaï » au restaurant l’Unik

Les instigateurs de cette aventure culturelle au sens plein qui marque maintenant la vie tarbaise se situe bien dans cette problématique philosophiquement abordée par Adèle Van Reeth : « Comment penser le collectif sans prendre en compte les individus qui la composent ? Rien n’est plus difficile que de penser la pluralité. Mais sans elle, toute forme de collectivité est vouée à l’abstraction. D’où l’urgence,

Pour que le « nous » soit possible de s’intéresser aux « je » qui le composent. »

2. avr., 2016

 

TARBES en PHILO 1ere édition 

I/ Sur la forme :

Un pari réussi par la présidente Rose-Marie Chevalier et son équipe accompagnée par un groupe de 4 étudiants du GEA à l’IUT de Tarbes. Ces derniers ont concrétisé ainsi un projet étudiant qui sera évalué dans le cadre de leur cursus universitaire.

Environ 300 participants qui ont fait vivre le centre de Tarbes en ce samedi 2 avril 2016, à partir du Théâtre des Nouveautés, de la Halle Brahauban et du Pari. Pour construire ce projet ambitieux, les organisateurs ont su mobiliser de nombreux sponsors à commencer par un appui remarquable de la ville de Tarbes.

Une réussite qui s’inscrit bien dans une dynamique d’Education pour Tous, Tout au long de la Vie : une conférence académique proposée par Luc Ferry, une table ovale avec des rugbymans éclairés, des ateliers pilotés par des philosophes de renom sur des sujets d’actualité (Ecole, Entreprise, Vie Sociale). Ateliers qui ont facilité l’expression de tous les participants.

L’appui d’un groupe de musique traditionnelle et de chants polyphoniques bigourdans ? gascons ? occitans ? a enrichi culturellement les moments de détente à midi et lors du cocktail de clôture à la salle de réception de la mairie.

 Au final une manifestation profondément éducative qui, tout au long de la journée, a permis l’échange la rencontre avec « l’autre qui n’est pas moi ! »

 II/ Sur le fond :

Exposé de Luc Ferry

Luc Ferry (né en 1951) est un philosophe connu et reconnu. Comme tous ses pairs il subit la critique.Pas de philosophie sans critique ! Cet ancien ministre de l’Education demeure un excellent pédagogue. Son exposé a été apprécié. Le conférencier montre, avec pertinence, que notre monde de l’immédiateté a besoin d’être confronté au temps long.

Pour étayer sa thèse : « le souci de l’autre et les métamorphoses de l’humanisme ; du racisme colonial à la révolution de l’amour » Luc Ferry est remonté à Zeus et aux olympiens. Depuis que je participe aux cafés-philos, on se rend aisément compte que les philosophes « tricotent », au sens noble du terme, avec des penseurs qui traversent les siècles  de Platon à Sartre en passant par Pic de la Mirandole, Montaigne, Rousseau et surtout Kant. Luc Ferry a œuvré pendant plus de 20 ans sur la pensée kantienne notamment lors de  travaux de traductions de l’allemand en français.

Le conférencier aborde l’histoire de la mythologie grecque entre les deux frères : Prométhée (Le prévoyant) ; Epiméthée (celui qui réfléchit après coup)… En décidant  de partager le cosmos, Zeus leur attribue :

Epithémée reçoit l’aspect « biologique » où les êtres d’origine animale ou d’origine végétale bénéficient d’un archétype (espèces), d’une place dans le cosmos (oiseaux dans l’air, poissons dans l’eau…) et de dons, d’adaptations, pour survivre (griffes, mâchoires…). Une disposition globale, calme,  équilibrée, un écosystème pour faciliter une vie harmonieuse sans soucis pour Epithémée !

Pour « s’amuser » Dieu, Zeus, va créer les mortels. Dans cet écosystème animal initial, il ne reste plus rien… Pour « gérer » la nouveauté, l’être humain, il convient de disposer de l’intelligence de Prométhée. « Puisque l’homme n’est rien il peut devenir tout »

 Ainsi, pour Luc Ferry, nait la première trace d’humanité qui va évoluer au fil du temps (d’un long temps…).

Des philosophes vont développer cette notion de « dignité humaine » Pic de la Mirandole (1463-1494) mais aussi Montaigne (1533-1592) vont préciser la grandeur de l’humain, un être moral qui distingue le bien du mal… capable d’être libre. Rousseau (1712-1778) montre l’historicité de l’Education (l’Emile) et aborde le fait que les sociétés bougent sans arrêt (Le contrat social). Avec Kant (1724-1804) ils démontrent que l’être humain n’est pas programmé, il peut tout imaginer ! Plus tardivement Sartre (1905-1980) reprendra ces travaux pour rappeler que l’être humain doit fabriquer son destin.

L’apothéose de cette première phase de l’Humanité trouvera sa pleine signification dans la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789. Pour affirmer cette nouvelle liberté il convenait de mettre fin aux guerres de religion. On assiste à la naissance de la laïcité. L’être humain doit être respecté et pour cela être extrait de tous endoctrinements…

Sous une approche paradoxale Jules Ferry créateur de l’enseignement public pour tous sera également un colonisateur… Des philanthropes et Clemenceau s’opposeront à lui sur ce dernier point. A cette époque les philosophes y compris Kant et Voltaire ont estimé que les êtres primitifs étaient plus proches du règne animal… Des « sous-hommes » qu’ils convenaient d’éduquer pour les soustraire à l’esclavage ou aux dominations liées au culte des ancêtres. C’est ainsi que dans la suite de l’universalisme impulsé par le siècle des lumières, des philosophes ont voulu, pour bien faire, transférer à tous les peuples les mêmes vertus de liberté, d’égalité et de fraternité… avec les aspects colonisateurs qui en découlent et dont nous vivons encore aujourd’hui les effets pervers du « racisme colonisateur »

Pour Luc Ferry la deuxième humanité dans laquelle nous nous situons actuellement a pris forme avec une nouvelle approche de l’autre avec l’invention du mariage d’amour.

Luc Ferry cite notamment les travaux de Philippe Ariès (1914-1984) sur la place de l’enfant sous l’ancien régime.

On ne se marrie pas par amour mais par raison : on assure le lignage, on assume la seule fonction reproductrice de la femme, les enfants sont source de ressources économiques

On est marié au passif avec l’autorisation des parents. L’équilibre de la cité est l’affaire du village. Avec l’organisation de charivari on se moque des hommes trompés…

Jusqu’ au XIXème on est membre d’un corps social rural. On va assister à la montée de l’industrialisation. Du coup les femmes vont s’arracher du carcan familial, trouver une autonomie financière et pouvoir choisir. On transmet l’amour par le savoir et la loi et on se met à aimer les enfants (loi sur le divorce 1884)

Pour avoir étudié la société rurale au XXème siècle j’ajouterai à la suite d’un sociologue américain, Eugen Weber (1925-2007) que la civilisation rurale traditionnelle est restée très prégnante jusque dans les années 1960

Il convient également de souligner la durée de vie moyenne d’un individu 28 ans au Moyen-âge, actuellement plus de 80 ans…On peut avoir plusieurs vies amoureuses !

Cette Révolution de l’Amour » a été source de la Révolution du sacré. « Pourquoi se sacrifie-t-on ? »

Dieu, les guerres de religion ont montré leurs limites…

La Nation, la boucherie de 14-18 a montré les limites de l’esprit Nation…

La Révolution, les atrocités cambodgiennes, chinoises liées au maoïsme ont montré leurs limites…

Du coup ces aspects mortifères du sacré ont laissé place à plus d’humanités pour comprendre la place de l’être humain dans son époque. Une logique de l’aide de l’entraide s’est faite jour. Une approche horizontale de la vie, « une transcendance dans l’Humanité », « une transcendance dans l’immanence »

Luc Ferry terminera son propos avec un retour à la mythologie grecque. « homme vaut que par son échange avec les autres » y compris en appréciant l’autre dans ses extrêmes (Haine/Amour). C’est le fondement de la nécessaire altérité (apprendre à connaître ce qui est extérieur à soi) pour avancer individuellement et collectivement.

avec  Eros, dans le plaisir et la douleur…

avec Filia, joie de la présence amie, du plaisir d’exister…

avec Agapée, car Dieu, Zeus, s’est fait faible pour que l’autre existe…

Suite à  une question de la salle le philosophe ajoutera sa volonté de défendre une Europe devenue mature. Même si le déclin économique existe, même si des extrémistes la bousculent, il convient de se souvenir de l’Europe au lendemain de la guerre 39-45, du mur de Berlin… La civilisation de l’Europe a atteint l’âge adulte par la promotion de la Protection sociale, de l’autonomie, de la liberté y compris par une laïcisation de fait pour le respect de ceux qui croient et ceux qui ne croient pas.

Un mot sur un autre philosophe d’origine mexicaine Fernando Cuevas. En commentant l’intervention de Luc Ferry il a insisté sur un concept inusité et surprenant : « la gentillesse pour faciliter le vivre ensemble »

 

Table ovale

Après l’Esprit le Corps ? La table ovale composée de rugbymans de renom : Michel Crauste, Jean-Pierre Garuet, Jean Trillo et Pascal Lagisquet a montré les vertus d’un sport ou le moi existe par l’autre. Du coup la aussi la pratique du rugby montre bien que dans l’affrontement, le combat, la transcendance individuelle est gage de la pratique d’une humanité entre soi et avec les autres.

Ce fut un moment de communion avec le public. Celle-ci fut ponctuée par le témoignage émouvant de Dries Van Heerden né en 1961 ayant une double nationalité, Sud Africain et Français (2 sélections nationales françaises). Tout au long de sa vie il a appris à rencontrer l’autre, les noirs jusqu’à 6 ans, les blancs dans leurs aspects racistes lors de l’apartheid, les français aujourd’hui… Intégré en Bigorre il ne renie pas ses racines sud africaines.

De cette table ronde se dégager une grande sérénité, une grande fraternité avec des personnalités affirmées du mongol, Michel Crauste, à l’ailier véloce Patrice Lagisquet en passant par l’artiste de la passe de balle Jean Trillo pour terminer avec le pilier poète, Jean-Pierre Garuet. Un grand moment de témoignages pour montrer que si « l’autre… ce moi qui n’est pas moi », est aussi « l’autre qui peut vivre et agir avec moi ! »

Les ateliers

L’après midi nous nous sommes réunis en ateliers (Café-Philo ; Entreprise-Philo et Ecole Philo)

Pour ma part je me suis rendu à l’atelier « Ecole-Philo »  

Une animation originale par Jean-Charles Pettier, docteur en sciences de l’Education, qui a permis l’expression du plus grand nombre  des élèves des secondaires, des étudiants universitaires et des adultes présents. Les questions liées à la confrontation "sachant/apprenants", « apprenants entre eux »…ont été abordées. Des témoignages apportés. Pour ma part je retiens trois critères qui, me semble-t-il, sont immuables pour faciliter la rencontre avec l’autre dans un contexte éducatif :

La nécessité d’acquérir des connaissances à tout âge… « plus on apprend moins on sait » Avec une intervention académique comme celle de Luc Ferry on se situe dans ce nécessaire apprentissage de savoirs…

La nécessité de prendre en compte son environnement, celles et ceux qui sont différents par la couleur, les modes de vie familiale… Ce fut le cas dans ce colloque avec les témoignages, les interventions culturelles qui montrent l’intérêt de bien appréhender son environnement sportif, culturel, social… Acquisitions de savoirs-être pour comprendre le monde dans lequel nous vivons…

Mais surtout d’insister sur l’acquisition de méthodes directives et non directives qui permettent d’avancer. Le net, la maîtrise des réseaux sociaux… Ce fut le cas à « Tarbes en philo » par l’organisation globale de cette manifestation… Acquisitions de savoir faire pour aller à la rencontre de l’autre… 

Pour conclure, l’enfant de l’Education Populaire que je suis s’est rendu compte, une fois de plus, tout le chemin à parcourir pour acquérir des connaissances. Dans ce monde de l’immédiateté, le recours au temps long, aux fondements de nos sociétés, sont plus que jamais nécessaires pour préparer l’avenir. Après Prométhée et le développement d’un humanisme pour libérer l’Homme ; après la période actuelle économiquement mondialisée, la recherche d’une révolution de l’amour pour mieux vivre ensemble ; la troisième humanité ne serait-elle pas celle de l’Humanité écologique qui rassemblerait Prométhée et Epithémée pour fonder un humanisme écologique et retrouver le mythe de Gaia, « la terre-mère ! » ?