7. oct., 2021

Vivre et revivre encore - Adèle Van Reeth,

 

Cet ouvrage s’inscrit dans une série de publications conçues et réalisées en étroite collaboration entre les éditions de l’Aube et l’hebdomadaire le 1. Pour aborder cette présentation, paraphrasons l’avant propos proposé par le directeur de ce journal, Eric Fottorino : « si les philosophes nous apprennent à mourir, Adèle van Reeth, par sa vélocité intellectuelle, nous aide à vivre »

Adèle Van Reeth nous propose 14 instantanés liés à l’actualité à partir d’événements qui s’étalent sur une période comprise entre 2015 et 2020. D’entrée de jeu elle indique que cet essai philosophique doit beaucoup à la période de confinement que nous venons de vivre. L’auteure en appelle à Nietzche, citant le Gai Savoir : « le démon n’existe pas et nous devons être prêt à revivre chaque seconde car le confinement ne durera pas ! Notre vécu actuel en continuant à « puiser dans le passé sans s’y enfermer »

Comme à l’accoutumée Adèle Van Reeth nous entraine sur les chemins de la philosophie de façon accessible y compris en faisant appel aux littérateurs comme Zola. Celui-ci,  dès le début du XXème siècle, interpellait les nouvelles générations « Jeunes, toujours debout ! ».  Leurs revendications pour construire un monde meilleur est salutaire car « la répétition est indispensable à la contestation ». Dans la foulée l’auteure aborde le sujet sensible sur le féminisme en se référant à l’aveuglement de Tirésias relatés dans les Métamorphoses d’Ovide sur la nature des désirs et des jouissances des femmes comme des Hommes.

 On l’a compris la philosophe aborde de nombreux thèmes contemporains y compris lorsqu’elle évoque la personnalité d’Angéla Merkel «  Aujourd’hui, maman est forte ». Avec l’étude des paradoxes singulièrement ceux développés dans le champ des débats ouverts sur facebook « … la vérité n’est pas toujours  du côté de la réalité… se peindre de profil est la meilleure façon  de rester dans le vrai pour parler de soi ! »

Pour parachever cette présentation sommaire, les lecteurs potentiels, les philosophes en herbe comme votre serviteur, trouveront dans ce petit opuscule de quoi recharger leurs batteries face aux propos "déclinistes" ambiants. Adèle Van Reeth convoque Henri Bergson : « Qu’on ne s’y trompe pas : la morale n’est pas affaire de bien ou de mal, encore moins de coupables ou de victimes. Elle a  pour source l’ »énergie », nous dit Bergson, une énergie spirituelle qui pourrait servir de guide à l’action en temps de déroute ». « Tiens donc… Est-ce à dire que l’homme, lui aussi, serait fournisseur d’énergie potentielle ? Mais comment forer une âme ? » Question ouverte qui conclue le propos de la philosophe.